En bref
Aucun champ du certificat d’immatriculation français ne porte le code moteur. La directive européenne sur les cartes grises prévoit bien un champ P.5, « numéro d’identification du moteur », mais facultatif, et le certificat français ne l’utilise pas. Le code se lit sur le moteur, ou s’obtient auprès du constructeur avec le VIN du champ E.
Pourquoi aucune case ne le porte, ce que la carte grise dit du moteur, où le code se trouve vraiment, puis comment l’obtenir sans erreur.
Pourquoi aucune case ne le porte
Le contenu de la carte grise est fixé au niveau européen par la directive 1999/37/CE du 29 avril 1999. Son annexe distingue deux listes : les données obligatoires, précédées de codes harmonisés, et les données que le certificat « peut également comporter ».
Pour le moteur, les données obligatoires sont la cylindrée (P.1), la puissance nette maximale (P.2) et le type de carburant (P.3). Le numéro d’identification du moteur figure dans la seconde liste, sous le code P.5, à côté de la vitesse nominale (P.4). Il est donc facultatif, et le certificat français ne l’imprime pas.
Chercher le code moteur au recto d’une carte grise française revient à chercher une case qui n’existe pas.
Ce que la carte grise dit du moteur
Plusieurs champs renseignent sur la motorisation, sans jamais nommer le moteur :
| Champ | Ce qu’il indique | Ce qu’il ne dit pas |
|---|---|---|
| P.1 | La cylindrée, en cm³ | Le code du moteur |
| P.2 | La puissance nette maximale, en kW | La puissance fiscale, qui est au P.6 |
| P.3 | Le carburant ou la source d’énergie | Le type d’injection ou de moteur |
| D.2 | Le type, la variante et la version, code d’homologation | Le moteur en clair : deux motorisations donnent deux D.2 différents, sans les nommer |
Le code moteur est souvent présenté comme « caché » dans le D.2. En réalité, ce champ identifie un dossier d’homologation propre au constructeur, et le champ D.2 ne se traduit par aucune table publique. Pour la cylindrée, la cylindrée au champ P.1 suffit souvent à distinguer deux moteurs d’un même modèle, sans en donner le code.
Où le code moteur se trouve vraiment
Le code moteur est marqué sur le véhicule et dans ses documents, à des emplacements qui varient selon le constructeur et l’époque :
- frappé sur le bloc-cylindres, souvent sur une face plane près de la jonction avec la boîte de vitesses ;
- sur une étiquette ou une plaque, sous le capot ou dans l’encadrement d’une porte ;
- dans le carnet d’entretien ou la documentation d’origine, pour certains modèles ;
- dans la documentation technique du constructeur, qui indique l’emplacement exact.
La vidéo ci-dessous décrit ces emplacements selon la disposition du moteur, longitudinale ou transversale, et conseille de partir de la documentation du constructeur.
Une frappe sur le bloc s’encrasse vite : un chiffon et une lampe suffisent souvent à la rendre lisible, moteur froid. Aucun geste sur un moteur chaud ou en marche.
L’obtenir sans se tromper
Quand la frappe est inaccessible, le chemin le plus fiable passe par le constructeur. Le numéro VIN du champ E identifie la voiture sans ambiguïté ; un concessionnaire de la marque retrouve à partir de lui la configuration d’origine, moteur compris.
Tout dépend de l’usage. Pour une pièce détachée, le VIN seul suffit généralement au vendeur, qui fait la correspondance. Pour un formulaire qui exige le code moteur, la valeur donnée par le constructeur fait foi. Un moteur remplacé au cours de la vie du véhicule peut porter un autre code que celui d’origine : seule la frappe sur le bloc dit alors ce qui est monté.
Ce qu’il faut retenir
La carte grise française ne porte pas le code moteur : le champ P.5 prévu par la directive européenne est facultatif et non utilisé. Les champs P.1, P.2, P.3 et D.2 renseignent sur la motorisation sans la nommer. Le code se lit sur le bloc moteur ou sur une plaque, et s’obtient de façon fiable auprès du constructeur à partir du VIN du champ E.
Sources
- Directive 1999/37/CE du Conseil du 29 avril 1999 relative aux documents d’immatriculation des véhicules, annexe I
