D.2 sur la carte grise : ce que le code contient, et pourquoi il ne se traduit pas

Le champ D.2 porte un code défini par le constructeur. Ce qu’il identifie, où le lire, à quoi il sert, et pourquoi il ne se traduit pas.

Par Julien · Publié le 24 septembre 2026 · 5 min de lecture
D.2 sur la carte grise : ce que le code contient, et pourquoi il ne se traduit pas

En bref

Le champ D.2 du certificat d’immatriculation porte le type, la variante et la version du véhicule, un code composé par le constructeur au moment de la réception par type. Ce n’est pas une description : c’est un identifiant de dossier d’homologation, et aucune table publique ne permet de le traduire. Il sert surtout à trois choses : remplir un certificat de cession, commander une pièce compatible, et faire correspondre un devis d’assurance au véhicule réel.

Le champ d2 de la carte grise est une suite de lettres et de chiffres illisible : ce code identifie un dossier d’homologation, il ne décrit pas la voiture.

Ce que porte le champ D.2

La rubrique D du certificat d’immatriculation regroupe les informations qui identifient le véhicule en tant que modèle. Le D.2 y porte le type, la variante et la version, souvent abrégés en TVV.

Ce code est composé par le constructeur lors de la réception communautaire par type, la procédure par laquelle un modèle est homologué avant d’être commercialisé. Il ne dépend donc ni du concessionnaire, ni de l’administration française.

Les trois niveaux vont du plus large au plus fin. Le type regroupe les véhicules qui partagent l’essentiel, la variante distingue des différences techniques significatives, la version descend jusqu’aux caractéristiques d’une déclinaison précise.

Deux véhicules du même modèle commercial, avec des motorisations ou des équipements différents, portent donc des D.2 différents.

Où le lire, selon le format du certificat

Sur un certificat récent, les repères de rubrique sont imprimés en gras, une lettre parfois suivie d’un chiffre, tandis que les informations elles-mêmes apparaissent en caractères normaux. La légende figure au dos du document.

La méthode est donc toujours la même : chercher d’abord dans la légende la lettre qui porte l’information voulue, puis la retrouver au recto. C’est ce que montre la vidéo ci-dessous, sur l’ensemble des rubriques.

Sur les cartes grises d’ancien format, celles délivrées avant le passage au numéro à deux lettres, le type variante version figure dans la case « Type ».

D.1, D.2, D.2.1, D.3 : qui dit quoi

Les quatre rubriques de la zone D sont souvent confondues, alors qu’elles répondent à des questions différentes.

RubriqueCe qu’elle contientCe qu’elle ne dit pas
D.1La marque du véhiculeNi le modèle, ni la finition
D.2Le type, la variante et la version, code composé par le constructeurRien de lisible directement : ni finition, ni motorisation en clair
D.2.1Le numéro de réception, que l’on retrouve sous le nom de CNITIl ne permet pas de connaître le niveau de finition
D.3La dénomination commerciale, c’est-à-dire le nom sous lequel le modèle est venduNi la version exacte, ni les équipements

Autrement dit, le D.3 est ce que le propriétaire appelle sa voiture, et le D.2 ce que l’administration et le constructeur utilisent pour la désigner sans ambiguïté.

Pourquoi le code ne se traduit pas

La question qui revient le plus souvent est celle de la traduction : comment savoir quelle version se cache derrière le code. La réponse tient en un constat.

Important

Aucune table publique de correspondance n’existe. Les recherches menées le 23 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr, sur le site de l’ANTS et sur la base européenne EUR-Lex n’ont donné aucune page accessible décrivant la rubrique ni traduisant les codes. Les outils qui proposent une correspondance s’appuient sur des bases privées reconstituées, sans garantie ni valeur officielle.

Le découpage du code entre type, variante et version n’est pas non plus standardisé dans sa longueur : chaque constructeur organise sa propre nomenclature. Les explications qui indiquent combien de caractères correspondent à quel niveau valent donc pour une marque, pas pour toutes.

La seule voie fiable reste le constructeur, via un concessionnaire ou son service client, qui dispose de la base d’homologation.

À quoi il sert vraiment

Le D.2 n’est pas décoratif : il intervient dans trois situations très concrètes, où une erreur coûte du temps ou de l’argent.

  • la vente : le certificat de cession demande le type, la variante et la version, qui se recopient depuis le D.2 sans interprétation ;
  • les pièces détachées : deux finitions d’un même modèle peuvent avoir des références différentes, et le TVV est ce qui permet au vendeur de trancher ;
  • l’assurance : un devis établi sur une version approximative peut ne pas correspondre au véhicule assuré, et le D.2 lève le doute.
Formulaire administratif rempli au stylo à côté d'un certificat d'immatriculation plié

Dans les trois cas, la règle est la même : recopier le code caractère par caractère, sans le corriger ni l’espacer autrement que sur le document. Un zéro pris pour la lettre O suffit à créer une erreur de dossier.

Quand le champ est vide, illisible ou contesté

Sur des certificats anciens, la case peut être vide ou porter une mention partielle. Ce n’est pas une anomalie en soi : les règles d’immatriculation ont changé plusieurs fois, et tous les véhicules n’ont pas été réceptionnés selon la même procédure.

Si un formulaire exige l’information et que le document ne la porte pas, deux voies existent : demander le renseignement au constructeur à partir du numéro d’identification du véhicule, ou joindre une copie du certificat en indiquant l’absence de la mention.

Si le code figure mais qu’il ne correspond manifestement pas au véhicule, la question relève d’une erreur d’immatriculation, et se traite auprès de l’administration avec les justificatifs d’origine.

Les autres champs à ne pas confondre

Trois rubriques voisines portent les informations que l’on cherche souvent en croyant les trouver en D.2.

La puissance administrative, utilisée pour le calcul de la taxe régionale, figure ailleurs : c’est la puissance fiscale du champ P.6. Le taux d’émission qui déclenche la taxe à la première immatriculation, lui, se lit dans le taux de CO2 du champ V.7.

Le numéro d’identification du véhicule, enfin, figure en rubrique E : c’est lui, et non le D.2, qui identifie l’exemplaire précis que vous possédez.

Ce qu’il faut noter avant de remplir un formulaire

Relevez le D.2 tel qu’il est imprimé, notez aussi le D.2.1 et le D.3, et gardez le numéro d’identification sous la main. Avec ces quatre éléments, un vendeur de pièces, un assureur ou un service d’immatriculation peut travailler sans approximation.

Sources

  • Pages professionnelles de prestataires d’immatriculation (carte-grise.org, portail-cartegrise.fr), relevées le 23 septembre 2026, pour la définition du type variante version
  • Recherche du 23 septembre 2026 sur service-public.gouv.fr, le site de l’ANTS et EUR-Lex : aucune page publique accessible ne décrit la rubrique ni ne publie de table de correspondance